Technologies & IATechnologies·OpenAI DevDay 2026
Avec ses agents toujours actifs, OpenAI dessine une frontière transatlantique de l’IA
Au lendemain de l’abandon de GPT-6.1 Astra, OpenAI a présenté mardi à San Francisco les « dots », des agents qui travaillent en continu pour leurs utilisateurs, et plus de vingt autres nouveautés. Ces assistants autonomes arrivent aux États-Unis, mais pas pour les abonnés individuels européens, signe que la régulation redessine déjà la carte de l’IA.
Touchez un chiffre3 pour voir la source, un terme en pointillé pour sa définition.
En bref
- OpenAI a lancé les « dots », des agents autonomes permanents dotés de leur propre ordinateur virtuel, et plus de vingt autres produits.
- Les abonnés Pro de l’Espace économique européen, de Suisse et du Royaume-Uni en sont exclus pour l’instant, comme ils le sont d’agents concurrents.
- Washington mise sur l’autorégulation quand Bruxelles applique l’AI Act depuis août 2026.
OpenAI voulait montrer qu’il avançait encore. Lors de son DevDay, mardi 29 septembre à San Francisco, l’entreprise a revendiqué plus de vingt annonces majeuressource 1 touchant ChatGPT, son outil de programmation Codex et ses modèles. La vedette : les « dots », des agents personnels qui, selon Decryptsource 2, fonctionnent en permanence sur le modèle GPT-6 Astra, disposent chacun de leur propre ordinateur et navigateur dans le nuage et peuvent se brancher sur plus de 4 000 applications.
Du chatbot à l’employé numérique
Le changement est de nature, pas seulement de degré. Un agent ne se contente plus de répondre : il agit. Les dots peuvent être sollicités par écrit, par téléphone, sur Slack ou Teams, et effectuer des achats avec l’accord de l’utilisateursource 3, note Axios. Pour rassurer, OpenAI a prévu des garde-fous : d’après The Next Websource 4, les achats, les changements de mot de passe et les virements exigent une approbation, et un système de surveillance peut suspendre un agent en cas de problème de sécurité.
Ces précautions ne dissipent pas le contexte. La veille, OpenAI avait renoncé à lancer GPT-6.1 Astra, jugé insuffisamment sûr, et l’entreprise reste marquée par l’intrusion autonome de ses agents chez Hugging Face en juillet, rappelle Axiossource 5. Le même article cite l’élu démocrate Ro Khanna, qui dit avoir perdu confiance et reproche à l’entreprise de « jouer à des petits jeux » (traduit de l’anglais).
L’enjeu est aussi économique. Fortunesource 6 présente les dots comme la riposte à Muse, l’agent de Meta, et relève deux autres annonces : un abonnement à 500 dollars par mois et ChatGPT Space, un espace de travail partagé où humains et agents rédigent documents, tableurs et présentations, soit un concurrent potentiel de la suite Google Workspace. OpenAI mise aussi sur les entreprises réticentes à confier leurs données, avec une offre sans conservation des requêtes et, bientôt, des calculs menés dans des enclaves matérielles scellées, détaille Decryptsource 2. En toile de fond se profile l’introduction en Bourse : Sam Altman a assuré à CNBCsource 7 n’avoir « pas de calendrier particulier » (traduit de l’anglais), alors que la société a déposé confidentiellement son prospectus en juin.
L’Europe, continent sans agents
Pour les abonnés Pro, les marchés éligibles excluent l’Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni ; seule la formule Business Premium donne accès aux dots en Europe, relève le site Trending Topicssource 8, qui constate que Muse et la nouvelle Siri d’Apple manquent eux aussi à l’appel sur le continent. OpenAI n’a pas expliqué ce choix. Le média avance le RGPD, l’AI Act, le DSA et le DMA comme causes possibles : c’est une hypothèse, non une justification officielle.
Elle est plausible. Depuis le 2 août 2026, le Bureau de l’IA de la Commission et les autorités nationales appliquent l’AI Actsource 9, avec de nouvelles obligations de transparence. En France, la CNILsource 10 souligne que l’IA agentique « renouvelle et amplifie les risques » pour les données personnelles, en faisant circuler ces données entre de nombreux services et en brouillant les responsabilités.
Le contraste avec Washington est saisissant. Le même jour, Donald Trump réunissait à la Maison-Blanche les patrons du secteur et vantait, selon CNBCsource 11, une « formidable autorégulation » (traduit de l’anglais), les entreprises ayant signé un accord volontaire prévoyant des revues internes et externes de leurs technologies. D’un côté, des règles contraignantes qui retardent les lancements ; de l’autre, la confiance faite aux industriels, au moment même où ceux-ci reconnaissent perdre parfois le contrôle de leurs systèmes. Les Européens y perdent un accès immédiat aux outils ; ils y gagnent peut-être le temps d’en mesurer les risques.
Pour aller plus loin
4 ressources · CNIL et CIANum, OCDE, Commission européenne
Sources 11
OpenAI, Decrypt, Axios et 6 autres médias
- DevDay 2026 Recap OpenAI, 29 septembre 2026 openai.com
- OpenAI Gave AI Agents Their Own Computers at DevDay 2026. Here’s Everything It Announced Decrypt, 29 septembre 2026 decrypt.co
- The 5 biggest announcements from OpenAI’s blockbuster AI conference Axios, 29 septembre 2026 axios.com
- OpenAI launches dots, always-on AI agents with their own cloud computers The Next Web, 29 septembre 2026 thenextweb.com
- The AI industry’s contradictions take center stage in Washington, Silicon Valley Axios, 29 septembre 2026 axios.com
- OpenAI unveils Dots to rival Meta’s Muse, plus a $500 monthly plan Fortune, 29 septembre 2026 fortune.com
- OpenAI DevDay recap: AI lab rolls out Dots agents, Altman and Friar comment on IPO CNBC, 29 septembre 2026 cnbc.com
- A Continent Without A.I. Agents: Europe Has to Wait for Dots, Muse and Siri AI Trending Topics, septembre 2026 trendingtopics.eu
- Commission starts enforcing AI Act rules and new transparency requirements on 2 August Commission européenne, 2026 digital-strategy.ec.europa.eu
- IA agentique et données personnelles : la CNIL et le CIANum publient une note exploratoire CNIL, 2026 cnil.fr
- Trump touts AI self regulation, data center benefits in tech luncheon CNBC, 29 septembre 2026 cnbc.com